Comme beaucoup de gadjé, j’ai grandi dans une famille qui, sans pourtant penser à mal, diffuse des stéréotypes discriminants vis à vis des voyageurs et voyageuses. J’ai très tôt intégré l’idée que les « gens du voyage » étaient des voleurs, des gens peu civilisés, des gens dont il faut se tenir éloigné.e. Et pourtant, j’ai la chance d’avoir grandi dans une famille où tout le monde n’est pas gadjé justement (qu’est-ce que ça aurait été sinon ?… 🙄).
Faisant il y a peu le constat publiquement que je n’étais que très peu informé.e au sujet de l’antitsiganisme, Jonas PARDO m’a aimablement conseillé la lecture de cet ouvrage (merci encore) de William Acker : « Où sont les gens du voyage ? Une histoire actuelle de l’antitsiganisme »
Et je vous le recommande à mon tour ! Sa lecture est facile et passionnante. Je ressors de cette lecture avec une infinité de réflexions nouvelles, mais aussi avec de nombreux enseignements sur la longue histoire de l’antitsiganisme, et sur la situation actuelle aussi. Sur les inégalités environnementales liées à l’installation des aires d’accueil dans des endroits dangereux, bruyants, pollués, nocifs. Sur le traitement médiatique aberrant de ce qui touche aux voyageurs et voyageuses. Sur l’histoire législative des discriminations raciales qu’ont subi et subissent encore les voyageurs et voyageuses.
Bref, j’ai beaucoup appris en quelques heures de lecture et je remercie chaleureusement l’auteur pour sa pédagogie et sa plume souvent touchante.
Je vous encourage à faire cette lecture à votre tour si vous pensez être prêt.e à changer de regard sur les voyageurs et voyageuses 😉
➡️ « Où sont les gens du voyage ? Une histoire actuelle de l’antitsiganisme » par William Acker aux éditions du commun, 2023.
@Sohan je suivais l'auteur, du temps de Twitter.
Je me demande s'il est par-ici
@Sohan Je plussoie cette recommandation ! Je me suis rendue compte après avoir suivi une conférence sur le sujet (aux Universités d'été du NPA l'an dernier) que c'était un angle mort total pour moi, comme pour beaucoup de militant.es de gauche malheureusement. Ce livre m'a vraiment permis d'y voir plus clair et de confronter mes propres préjugés !
@Sohan Honnêtement, je pense que ça dépend des régions. J'ai grandi à un endroit où il y a beaucoup de forains. Ils sont essentiellement issus de la communauté Manouche. Par contre, ils fréquentent assez peu les aires d'accueil et préfèrent acheter eux-même leurs maisons et terrains où ils vont stationner. Ils sont souvent plutôt bien intégrés dans les villages où ils résident et ne posent jamais de problèmes.